samedi 23 mai 2015

Maladroite appréciation de L'énigme du retour de Dany Laferrière par Wébert Charles


Ce n'est que mon opinion de lecteur - pas très avisé - Je ne suis pas spécialiste en littérature, donc mon objection ne fait pas autorité dans la matière et peut être sujette à contestation. 
J'estime que l'appréciation de Webert N. Charles sur L'énigme du retour est légère, injuste, inappropriée, maladroite, mesquine, superficielle, inopportune...(j'en connais un qui a été surqualifié parce qu'il était bon dans l'énonciation de synonymes. Donc je m'y exerce. On ne sait jamais).


A la page 149 du roman en question (version bon marché des défuntes Éditions des Presses Nationales), l'auteur écrit dans une simplicité décapante, renversante...:

"Je me suis réveillé
au milieu de la nuit.
Les nerfs en pelote.
mon pyjama complètement mouillé.
Comme si j'avais nagé 
dans une mer de bruits."

C'est de la poésie pure. Un langage imagé. Fort.C'est des mots subtiles qui glissent sous vos yeux sans effort pour ceux-ci mais qui laissent dans votre esprit cette exquise sensation de bien-être et s'accompagne bien entendu de cette inéluctable invitation à continuer. Plus vite. Sans arrêt sur les pages. Au terme de chacune de celles-ci, l'impatience vous tenaille les meninges de découvrir les prochains vrombissements de la main de l'auteur dont la vélocité est si admirable. Dany Lafferière à travers L'énigme du retour, est une main qui écrit. Des écrits que tout - bon lecteur - s'abreuvent avec grand élan de bonheur.
Ca n'est pas juste le résultat d'avoir "sauté dans le premier vol qui emmène au pays natal et d'écrire dans son calepin tout ce qui bouge autour de soi". 

L'auteur s'est investi dans sa quête de restitution de son vécu au pays natal. L'écriture est certes simple, mais recherchée dans sa transmission et dans son dénouement. C'est un rendu hautement poétique que nous a livré Dany dans cet ouvrage. 

Je ne pense pas non plus qu'il est de bon ton d'apostropher le mérite du Prix Médicis par un "malgré". Sinon, tous les navets qui naissent des plumes édentées et fatigués des auteurs en mal d'inspiration, l'auraient obtenus aussi.

Je crois que notre collègue animé de bonne volonté pour le livre haïtien, souffre d'une overdose de pragmatisme. 

Le récit que moi j'ai siroté dans les pages de ce roman n'a pas juste été une transcription des notes griffonnées dans un calepin de voyage. Les faits ont eu une seconde vie par la force de la magie des images. Ils ont aussi bénéficié d'un renforcement de leur présence et caractéristique par le choix de cette écriture graphique et savoureuse. L'auteur nous a donné à voir, à sentir, à vivre... dans des mots agréables, ce qui a "bougé autour de lui". 
À la page 52 j'ai lu:

"Scène 1: Je flâne dans les rues avec, dans ma poche, la clé de ma chambre, J'ai peur de la perdre tout en caressant l'idée (au bout de mes doigts) que tout ce que je possède se trouve en ce moment dans ma poche".

Les goûts et les couleurs sont intimes et personnelles. Mais c'est sans conteste que L'énigme du retour est un excellent roman - inachevé - à mon goût, mais percutant, poétique, captivant... qui mérite les six heures qu'il m'a fallu pour le boucler. C'est ma faute de lecteur "satisfait" de ne pas l'avoir assez recommandé, bien que j'en ai offert en cadeau ou comme prime de performance une CENTAINE de copies (la version bon marché) à de jeunes et aussi de fieffés lecteurs haïtiens et étrangers. 
Lecteurs et lectrices francophones du monde entier, réveillez-vous et lisez L'énigme du retour!

Gaspard Dorélien

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